Mercredi 9 décembre 3 09 /12 /Déc 08:26
Afin de réaliser une planification de projet, il existe plusieurs outils indispensables pour atteindre les objectifs dans un délai donné. L’enjeu des plannings est de pouvoir anticiper les problèmes de délai. Les plus couramment utilisés dans l’industrie sont le diagramme de GANTT et la méthode PERT.

Attention, l’utilisation de ces méthodes ne permet pas, à elles seules, une planification réaliste car il faut aussi prendre en compte l’affectation des ressources matérielles et humaines, et d’autre part la procédure contractuelle qui sera choisie pour garantir que ces ressources seront disponibles au moindre coût.

1. Le diagramme de GANTT

Le diagramme de GANTT a été introduit par Henry Laurence GANTT (1861-1919), un ingénieur américain. Il prolongea l’action de F. Taylor, en développant l’aspect social de l’organisation du travail (Source : Larousse). Il représente le phasage du projet et nous pouvons discerner les différentes étapes élémentaires du projet. Il est beaucoup utilisé comme planning directeur car il a une approche globale du projet de type macro-tâche et présente la situation générale de façon synthétique. Il est à noter qu’il peut être aussi utilisé dans le cas d’une planification des ressources. Bien qu’il ne peut comprendre qu’un nombre limité de tâches, cet outil est facile d’utilisation, sans aucune difficulté d’interprétation et sans ambigüité. Il peut être réalisé avec un simple tableur ou avec un logiciel de gestion de projet.

En ce qui concerne l’élaboration du diagramme de GANTT, plusieurs étapes sont nécessaires (exemple figure 1). Au commencement, il faut définir une échelle de temps (journalière, hebdomadaire, etc…) en adéquation avec la durée de planification du projet. Ensuite, définir les tâches à planifier, toutes les tâches ne seront pas renseignées mais les tâches principales doivent être mentionnées. Pour chaque tâche, déterminer une date au plus tôt, une date au plus tard et ses contraintes. Enfin, il est essentiel de définir l’enchaînement logique des tâches et les symboles de lecture du diagramme. Nous pouvons aussi ajouter des renseignements tels que le nom du responsable pour chaque tâche.

Le diagramme de GANTT est un outil qui doit être mis à jour régulièrement pour déceler les problèmes de planification du projet. En effet, certaines tâches peuvent être convenablement remplies au délai prévu, certaines peuvent être terminées mais en retard par rapport au planning et il faut donc mesurer l’écart entre le prévu et la réalité pour mesurer l’impact sur le projet ou elles peuvent aussi ne pas être terminées et avoir pris du retard, dans ce cas, le chef de projet doit prendre des mesures correctives afin de ne pas retarder le projet. Il est donc essentiel de mettre à jour le diagramme de GANTT le plus souvent possible pour une meilleure visibilité et donc une meilleure maîtrise des délais mais ce type de mise à jour prend du temps et de l’argent. Cependant, la durée entre les mises à jour peut être estimée en fonction de la durée des tâches, si leurs durées sont faibles alors les mises à jour seront effectuées plus souvent.

Figure 1 : Diagramme de GANTT (réalisé sous le logiciel GanttProject)

2. Les plannings en réseaux

Les plannings en réseaux servent à représenter l’enchaînement des tâches avec leurs liaisons de dépendance et les dates limites de début d’opération. Ces méthodes répondent à une approche de planification de type micro tâche, elles sont donc plus détaillées. Ces plannings permettent de gérer toutes les tâches du projet. Les plannings en réseaux sont complexes à interpréter mais ils permettent de représenter toutes les tâches. Ils sont conçus à partir de l’analyse du plan de développement et de l’organigramme des tâches. Il existe plusieurs méthodes de planning en réseaux, nous parlerons du CPM, de la méthode des antécédents et du PERT :

   a) Le CPM

Le planning CPM (Critical Path Method), aussi appelé « Méthode du chemin critique », a été mis au point en 1954 par la société Dupont de Nemours. C’est une technique de planification qui consiste à préparer un réseau d’opérations qui est définit de telle sorte que si l’une d’elles prend du retard, l’ensemble du projet sera retardé. D’ailleurs la suite de ces tâches critiques s’appelle le chemin critique. Cette technique est souvent utilisée dans la méthode PERT mais sans prendre en compte les différentes subtilités comme les dates au plus tôt et au plus tard, les marges totales, les marges libres, etc…

   b) Le PERT

Le planning PERT (Program of Evaluation and Review Technique ou Program Evaluation and Review Task) a été mis au point en 1958 par la Marine Américaine. Cette méthode utilise des liaisons directes avec dates de début, dates de fin, début au plus tôt et au plus tard, fin au plus tôt et au plus tard. Il est représenté graphiquement par un diagramme fléché. Cette planification étant couramment utilisée, il est essentiel d’en comprendre le fonctionnement.

Grâce à cette technique de planification, il est possible de calculer la durée de déroulement de projet la plus courte possible. Les réseaux PERT permettent de mettre en évidence les liens entre les tâches, il est donc plus facile d’analyser les retards et leurs possibilités de rattrapage. Cette méthode a pour but de représenter l’imbrication des différentes tâches du projet avec leurs contraintes d’antériorité par un chemin qui mène d’une opération à une autre. Elle met aussi en évidence le chemin critique, l’ensemble des tâches successives qui ne peuvent être rallongées sans influencer l’échéance du projet. En revanche, toutes les autres tâches peuvent être retardées car elles disposent d’une marge de liberté.

Cette méthode possède ses propres conventions de représentation. Les arcs fléchés représentent les différentes tâches du projet et leurs durées, ils sont différenciés par des lettres qui définissent l’opération à effectuer. Les ronds ou les carrés représentent les étapes avec dans chacune de ces étapes la date au plus tôt, la date au plus tard et le numéro d’événement. La date au plus tôt est la date à laquelle la tâche peut être commencée au plus tôt, en prenant en compte le temps nécessaire à l'exécution des tâches précédentes. La date au plus tard est la date à laquelle une tâche doit être commencée à tout prix pour ne pas retarder le projet. Toutes ces étapes mises bout à bout forment un réseau. Une succession d’activités connectées entre deux événements du réseau s’appelle un chemin. Un chemin peut être critique mais une tâche ou un événement, dont le retard recule la date d’échéance du projet, peuvent l’être aussi.

Afin d’élaborer un planning PERT pertinent, il faut construire un réseau, estimer les dates au plus tôt et au plus tard, identifier le chemin critique ainsi que les différentes marges disponibles sur certaines tâches (exemple figure 2). Pour construire le réseau, il est recommandé de représenter les tâches et leurs relations d’antériorité dans un tableau.

Figure 2 : Méthode PERT

Ensuite, il faut représenter les tâches ne nécessitant pas de prédécesseurs pour être réalisées, puis nous prenons en compte celles qui requièrent ces premières tâches comme précédent et ainsi de suite. Ainsi, nous pouvons distinguer des relations de convergence où plusieurs tâches convergent vers la même tâche, des relations de divergence où plusieurs tâches divergent d’une même tâche et bien sûr, des successions simples entre tâches.

Le PERT est un outil de prévision, de suivi et de correction des délais intéressant pour la planification et, à juste titre, car il permet de fixer une date raisonnable de fin de projet et montre les tâches qu’il reste à accomplir. Il peut être utilisé comme un outil de simulation car on peut élaborer toute sorte de scénarii en modifiant les durées de tâche. C’est aussi un outil de communication efficace dans la gestion d’un projet.

Parfois, il est indispensable de rajouter des tâches fictives quand il n’y a aucune action particulière mais que certaines relations d’antériorité existent entre les tâches. Par exemple (figure 3), une tâche A est antérieure à une tâche D et C mais D a aussi une relation d’antériorité avec B, il est donc essentiel de créer une tâche A’ pour que la représentation graphique soit cohérente. Nous la symbolisons par un arc fléché en pointillé avec une durée de zéro.

Figure 3 : PERT avec une tâche fictive

En conclusion, la méthode PERT s’avère être un outil profitable dans la planification d’un projet qu’il soit grand ou petit. C’est une méthode qui demande de l’apprentissage et de l’entraînement mais devient pratiquement incontournable quand il y a des dates-butoirs à respecter, des activités parallèles et des activités interdépendantes.

   c) La méthode des antécédents

La méthode des antécédents, ou PDM (Precedence Diagram Method), est basée sur la méthode des potentiels tâches. Elle prend en compte les liaisons « fin-début », les différentes tâches du projet ne peuvent être commencées qu’une fois les activités antécédentes terminées. Dans cette logique de réseau, chaque activité est représentée par une boîte contrairement aux réseaux PERT où c’est les flèches qui représentent des activités. Quant aux flèches du PDM, elles représentent les dépendances entre les activités. Cette représentation est souvent utilisée dans les logiciels.

3. L’analyse des durées

L’analyse des durées consiste à déterminer, par chaînage avant ou arrière, le chemin critique, les marges, les dates de début au plus tôt, les dates de début au plus tard, les dates de fin au plus tôt et les dates de fin au plus tard pour chaque activité. En voici les significations et les méthodes de calcul :

La date de démarrage « au plus tôt » est la date avant laquelle une tâche ne peut se terminer, la date de fin au plus tôt (EF pour Early Finish), ou démarrer, la date de début au plus tôt (ES pour Early Start). Elle est liée à une étape est non à une tâche car elle introduit le début d’une tâche ou la fin de la tâche précédente. Elle se calcule par chaînage avant, c'est-à-dire, en prenant la date la plus tardive de toutes les dates de fin des activités qui la précédent additionnée avec la durée de la tâche.

La date d’achèvement « au plus tard » est la date avant laquelle une tâche doit s’achever, la date de fin au plus tard (LF pour Late Finish), ou commencer, la date de début au plus tard (LS pour Late Start) pour ne pas retarder le projet. De même que la date au plus tôt, elle est liée à une étape. Elle se calcule par chaînage arrière c'est-à-dire en soustrayant la plus petite des dates de démarrage au plus tard des activités qui la suivent par la durée de la tâche.

Les marges sont déterminées pour toutes activités qui ne composent pas le chemin critique. C’est une marge de manœuvre pour palier aux dérapages possibles sans retarder les délais du projet. Nous les appelons aussi flottements. Il en existe deux types :
 - La marge totale est la différence entre la date au plus tôt et la date au plus tard. C’est la durée pendant laquelle une activité peut déraper sans affecter l’échéance du projet. Beaucoup de chefs de projet pensent que c’est une réserve disponible aux problèmes imprévus. Cependant, si nous consommons toute la marge d’une succession de tâches dès la première activité alors nous serons obligés de commencer toutes les autres activités à leurs dates de début au plus tard. Il est donc important d’utiliser cette marge qu’en dernier recours car elle permet généralement de compenser le manque de ressources.
 - La marge libre est, quant à elle, la différence entre la date de fin au plus tôt d’une activité et la première des dates de début au plus tôt de ses successeurs. Cette marge est beaucoup plus adaptée pour gérer les contretemps car elle peut être utilisée sans affecter aucune autre activité.

Le chemin critique est déterminé par le réseau créé pour le projet. Le total des durées de chaque activité de ce chemin est égal à la durée totale nécessaire pour réaliser le projet. Si une des activités prend du retard sur ce chemin, la date d’échéance du projet sera reculée d’une durée identique au retard pris. Chaque activité sur ce chemin est une activité critique. Il est donc essentiel de surveiller toutes les tâches qui composent ce chemin.

Nous pouvons distinguer d’autres notions telles que les activités parallèles, les tâches hamac et les sous-réseaux. Les activités parallèles sont des tâches que nous pouvons décomposer en plusieurs phases qui peuvent être faites en même temps pendant le déroulement du projet. Ainsi, nous améliorons la synchronisation des tâches et donc gagnons du temps. Les tâches hamac sont une simplification d’un maillage important de tâche. Par exemple, dans notre réseau, il y a six tâches, nous pouvons décider de les réunir sur deux tâches. Les sous-réseaux sont utilisés pour décomposer les réseaux trop lourds à utiliser.

Après avoir effectué cette étape, nous pouvons dater le projet, c'est-à-dire définir quand les différentes tâches commenceront et se finiront. Pour représenter les dates, nous pouvons utiliser le diagramme de GANTT. Attention à n’oublier aucun élément de l’analyse des durées dans la représentation graphique.

4. Les logiciels de gestion de projet

Bon nombre de logiciel existe pour faciliter la gestion de projet, ils peuvent être complexes ou simples. Ces logiciels proposent énormément de possibilités comme la construction de réseaux, le calcul des dates (délais, chemin critique, etc…), la gestion des plannings, la gestion des charges et des ressources, l’estimation prévisionnelle des coûts suivant différents critères, le suivi de la réalisation, l’actualisation, la simulation d’hypothèses et le transfert des données. Seulement, leurs possibilités ne dispensent pas du pilotage, ce qui est trop souvent oublié en entreprise. En effet, les éléments de gestion de projet tel que la décision, l’animation et l’orientation n’appartiennent qu’à l’homme. Intéressons nous aux deux méthodes les plus utilisées, la méthode PERT et le diagramme de GANTT :

Le GANTT informatisé permet de faire des simulations rapides quand nous avons renseignés les liens d’antériorité entre tâches. Ainsi, nous pouvons visualiser l’impact des retards sur le projet. De plus, le logiciel permet de distinguer le chemin critique. Le diagramme de GANTT manuscrit ne permet pas de faire cela.

Le logiciel PERT présente généralement la méthode des potentiels. La différence se voit dans la représentation graphique, les tâches sont représentées par des carrés et les flèches représentent les liens entre tâches. Cette méthode permet d’introduire des intervalles de temps entre tâches et de faire chevaucher des tâches sans recourir aux tâches fictives ou couper des tâches en deux. Ce type de logiciel calcule tout par lui-même une fois les durées et les antériorités renseignées. Lui aussi est capable de gérer les simulations avec différents scénarii.
Par Julien DOUBLET - Publié dans : Planification de projet
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Catégories

Calendrier

Août 2014
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus